Lundi 6 juillet 2026
Percé → Bonaventure
Contre vents et rencontres
Ce matin, le réveil est plus doux que les jours précédents. Il ne fait pas froid. Bien sûr, tout est encore humide, mais cela fait désormais partie de notre quotidien.
Après quelques kilomètres, nous faisons halte dans une station-service pour notre traditionnel petit-déjeuner : un chocolat chaud et un muffin. Devant nous nous attendent 127 kilomètres et près de 800 mètres de dénivelé positif.
Très rapidement, le vent devient notre principal adversaire. Soufflant de face avec force, il nous oblige à lutter pour avancer et nous fait dépenser une énergie considérable. Les kilomètres paraissent interminables.
À la sortie d’un village, une voiture nous dépasse avant de s’arrêter une centaine de mètres plus loin, en partie sur la piste cyclable. Son conducteur descend et marche vers nous d’un pas décidé. Pendant quelques secondes, nous nous demandons ce qui peut bien se passer.
Très vite, le doute laisse place au soulagement. Avec un grand sourire, François nous explique que nous avons perdu une gourde à l’entrée du village. En effet, je transporte trois litres d’eau répartis dans deux gourdes à l’arrière de mon vélo. Sans lui, nous ne nous en serions probablement aperçus que plusieurs kilomètres plus loin. Nous le remercions chaleureusement avant que chacun ne reprenne sa route.
Notre objectif était de déjeuner à Port-Daniel–Gascons, mais le vent, toujours plus violent, finit par avoir raison de nos réserves d’énergie. Nous décidons donc de nous arrêter plus tôt que prévu. Cette pause nous permet de reprendre quelques forces avant de repartir affronter, une nouvelle fois, ce vent particulièrement éprouvant.
Au sommet d’une côte, une autre rencontre attire notre attention. Nous faisons une halte chez Hector, un artisan qui fabrique de magnifiques bateaux miniatures en bois. Son travail est remarquable et ses créations sont proposées à des prix très raisonnables. Si nous n’avions pas voyagé à vélo, l’une d’elles aurait sans doute trouvé une place dans nos bagages.
En fin d’après-midi, les derniers kilomètres paraissent interminables. Le vent nous a ralentis toute la journée et nous arrivons finalement au camping vers 18 heures.
Ce soir, c’est à mon tour d’inviter Titi au restaurant pour lui rendre la pareille après le dîner qu’il m’avait offert à Percé. Nous profitons tranquillement de la soirée dans une microbrasserie, heureux de savoir que demain sera une journée de repos consacrée à la découverte de Bonaventure.
Headwinds and Kind Encounters
This morning, we wake up gently. For once, it isn’t cold. Of course, everything is still damp, but by now we’ve grown used to it.
After a few kilometres, we stop at a gas station for our now traditional breakfast: a hot chocolate and a muffin. Ahead of us lie 127 kilometres and nearly 800 metres of elevation gain.
Before long, the wind becomes our biggest challenge. Blowing straight into our faces, it forces us to fight for every kilometre and drains an enormous amount of energy. Progress is slow, and the distance seems much longer than it really is.
As we leave one of the villages, a car overtakes us before pulling over about a hundred metres ahead, partially blocking the bike lane. The driver steps out and walks toward us with a confident stride. For a few moments, we wonder what might be wrong.
Our concern quickly disappears. With a big smile, François explains that we dropped one of our water bottles at the entrance to the village. I carry three litres of water in two bottles mounted on the back of my bike, and without his kindness, we probably wouldn’t have realized it until many kilometres later. We thank him warmly before each continuing on our way.
Our original plan is to stop for lunch in Port-Daniel–Gascons, but the relentless headwind takes more out of us than expected. Running low on energy, we decide to stop earlier than planned. The break gives us the chance to recover before once again battling the powerful wind.
At the top of one climb, another unexpected encounter brightens our day. We stop to admire Hector’s workshop, where he handcrafts beautiful wooden model boats. His craftsmanship is remarkable, and his creations are surprisingly affordable. If we weren’t travelling by bicycle, one of them would almost certainly have found its way into our luggage.
By late afternoon, the final kilometres feel endless. The wind has slowed us all day, and we eventually reach the campground around 6:00 p.m.
Tonight, it’s my turn to treat Titi to dinner, returning the invitation he gave me in Percé. We enjoy a relaxed evening at a local microbrewery, knowing that tomorrow is a rest day and that we’ll have time to discover Bonaventure without having to get back on our bikes.