Jeudi 2 juillet 2026
Sainte-Anne-des-Monts → Murdochville
Une nuit mouvementée avant les Chic-Chocs
La journée commence en réalité la veille au soir.
Après le dîner, le ciel devient de plus en plus menaçant. Tout autour de nous, aux quatre coins de l’horizon, de violents orages illuminent le ciel d’impressionnants éclairs. À peine cinq minutes après nous être installés dans la tente, une véritable tempête s’abat sur le camping. Les rafales sont d’une violence incroyable, probablement autour de 100 km/h, peut-être plus..
Sous la force du vent, la tente se déforme au point de nous donner l’impression que quelqu’un s’est allongé dessus. Malgré tout, elle tient bon et résiste parfaitement aux bourrasques de vent.
Un feu de camp avait été allumé plus tôt sur la plage, mais n’avait pas été complètement éteint. Avec le vent, il se ravive brutalement et projette dans notre direction une pluie de braises accompagnée d’une épaisse fumée. Heureusement, une tente installée entre le foyer et la nôtre fait office de bouclier. Les campeurs voisins sont beaucoup moins chanceux : leur toile est perforée à de nombreux endroits par les braises avant de finir par céder sous la violence du vent.
Heureusement aussi, Titi avait eu le bon réflexe d’attacher nos vélos au banc du camping. Sans cela, ils auraient pu être renversés ou endommagés. Sans être réellement inquiets, nous devons reconnaître que cet épisode météo restera l’un des plus impressionnants que nous ayons vécus sous la tente. La seule préoccupation de Titi était de voir le double-toit s’envoler. Heureusement, il est resté en place.
La pluie tombe ensuite une bonne partie de la nuit avant de laisser la place au froid. Autant dire que le sommeil n’a pas été très réparateur.
Au réveil, un épais brouillard recouvre encore le bord du fleuve et nous accompagne durant toute la matinée. Malgré cela, nous avançons à un bon rythme. Nous prenons notre déjeuner au carrefour des routes 132 et 198, à L’Anse-Pleureuse, là où nous quittons le fleuve pour nous diriger vers Murdochville.
En laissant la côte derrière nous, le brouillard disparaît soudainement. Le ciel devient bleu et il est temps d’attaquer la longue montée vers les monts Chic-Chocs. Les kilomètres sont exigeants et les pentes mettent nod jambes au supplice. C’est sans problème l’étape la plus difficile depuis notre départ.
Comme prévu, nous avons réservé un motel afin de faire sécher tout notre matériel. Mais une dernière surprise nous attend : le code d’accès ne fonctionne pas. Après quelques minutes d’inquiétude, nous réussissons à joindre une responsable de la location, qui nous donne le bon code. Nous pouvons enfin entrer et profiter d’une douche chaude ainsi que d’un repos mérité.
Ce soir, la fatigue est bien présente. Nous savions depuis le début de ce voyage que cette étape serait l’une des plus exigeantes. Désormais, elle est derrière nous. Il reste encore une dernière journée pour terminer la traversée des monts Chic-Chocs.
A Stormy Night Before the Chic-Chocs
This day’s story actually begins the evening before.
After dinner, the sky grows increasingly threatening. In every direction, violent thunderstorms light up the horizon with spectacular flashes of lightning. Barely five minutes after crawling into our tent, a powerful storm hits the campground. The wind is incredibly strong—probably around 100 km/h, perhaps even more.
The force of the gusts bends the tent so much that it feels as if someone is lying on top of it. Yet it holds firm and withstands the storm remarkably well.
Earlier that evening, a campfire had been left unattended on the beach without being fully extinguished. As the wind picks up, it suddenly comes back to life, sending glowing embers and thick smoke in our direction. Fortunately, another tent stands between the fire and ours, shielding us from the shower of embers. Our neighbours are far less fortunate: their tent is peppered with burn holes before eventually collapsing under the force of the wind.
Thankfully, Titi had the good idea to secure our bicycles to a picnic table before nightfall. Otherwise, they could easily have been blown over or damaged. We were never truly frightened, but it was certainly one of the most impressive storms we have ever experienced while camping. Titi’s biggest concern was that the tent’s rainfly might be ripped away. Thankfully, it stayed firmly in place.
Heavy rain continues through much of the night before the temperature drops sharply toward morning. Needless to say, it isn’t the most restful night we’ve ever had.
When we wake up, a thick blanket of fog covers the coastline and follows us throughout the morning. Even so, we make good progress. We stop for breakfast at the junction of Highway 132 and Highway 198, at L’Anse-Pleureuse, where we leave the St. Lawrence River behind and turn inland toward Murdochville.
As soon as we leave the coast, the fog suddenly disappears. A bright blue sky takes over, and it’s time to tackle the long climb into the Chic-Choc Mountains. The ascent is demanding, and every kilometre requires steady effort. Without a doubt, this is one of the toughest stages of our journey so far.
As planned, we book a motel for the night so we can dry all of our gear. But one final surprise awaits us: the door code doesn’t work. After a few anxious minutes, we manage to reach the property manager, who gives us the correct code. At last, we can get inside, enjoy a hot shower, and settle in for a well-earned rest.
Tonight, we’re both exhausted. We knew from the very beginning that this would be one of the most challenging stages of the trip. Now it’s behind us. Tomorrow, one final ride remains to complete our crossing of the Chic-Choc Mountains.