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D'un Océan à l'autre (Part 2) - 2026

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Samedi 11 juillet 2026

Miramichi → Shediac

Au cœur de l’Acadie

La fin de la nuit a été difficile, surtout pour Titi. Pour ma part, j’ai un peu mieux dormi, mais le froid et l’humidité ont une nouvelle fois été bien présents. Au réveil, le ciel est d’un bleu éclatant, mais le soleil n’a pas encore suffisamment réchauffé l’air.

Comme chaque matin, nous replions la tente, les tapis de sol et les duvets encore complètement humides avant de reprendre la route, un peu frigorifiés.

Très vite, une douleur apparaît à l’arrière de ma cuisse gauche. À chaque coup de pédale, une sensation de brûlure se fait sentir. En m’arrêtant pour vérifier, je comprends rapidement qu’une simple piqûre de moustique, située exactement à l’endroit où frotte la selle, est responsable de cette gêne.

Je tente un premier pansement avec ce que nous avons dans notre trousse de secours afin d’isoler la peau du frottement. Le résultat est peu convaincant et la douleur persiste. Au prochain arrêt, j’améliore le pansement avec un matériel plus adapté. Cette fois, le soulagement est immédiat. Je craignais vraiment de devoir interrompre l’étape, mais je peux finalement continuer à pédaler normalement.

Pendant ce temps, le soleil commence enfin à nous réchauffer et le moral remonte.

Nous roulons encore une vingtaine de kilomètres sur la Route transcanadienne 8, avant de retrouver la Route 134, bien plus agréable.

Nous arrivons ensuite à Saint-Louis-de-Kent, sans savoir que ce village est considéré comme le berceau du drapeau acadien. Au centre du village flotte un immense drapeau, d’environ dix mètres de long sur cinq mètres de haut, hissé au sommet d’un mât d’une trentaine de mètres. Impossible de ne pas le remarquer.

Nous en profitons pour refaire quelques provisions. Depuis le début du voyage, nous achetons uniquement ce dont nous avons besoin pour le déjeuner et le dîner de la journée afin de limiter le poids transporté. J’en profite également pour passer à la pharmacie acheter de quoi mieux soigner ma piqûre, qui a nettement enflé.

Nous faisons notre pause déjeuner à Sainte-Anne-de-Kent, un petit village paisible. Pendant que nous mangeons, un cyclotouriste s’arrête près de nous. Il est français, originaire de Cagnes-sur-Mer, et se dirige lui aussi vers Halifax après être parti de Montréal. Nous échangeons quelques minutes sur nos itinéraires et nos projets avant qu’il ne reprenne la route.

Un peu plus loin, nous traversons Bouctouche, où se déroule une fête acadienne. Les rues sont animées et l’ambiance est particulièrement festive.

À une dizaine de kilomètres de Shediac, nous appelons un camping afin d’éviter les mauvaises surprises des jours précédents. Le tarif est un peu plus élevé que la moyenne, mais nous préférons jouer la sécurité.

Une fois installés, Titi se rend compte après la douche qu’il a oublié son gel douche dans les sanitaires… malheureusement fermés à clé, alors que la réception est déjà fermée également. Nous tentons tour à tour de passer au-dessus de la porte en profitant de l’espace entre celle-ci et le plafond. Lors de ma tentative, j’accroche involontairement la bouche de ventilation avec mes pieds, arrachant son habillage au passage. Après quelques secondes de silence, nous décidons très sagement d’attendre le lendemain matin la réouverture de la réception… et repartons discrètement comme si de rien n’était.

Pour la deuxième fois du voyage, Titi m’invite au restaurant. Direction un pub-grill : ce soir, son envie du moment est un bon burger accompagné de frites.

L’ambiance est chaleureuse. Plusieurs écrans diffusent le quart de finale de la Coupe du monde féminine de football entre la Norvège et l’Angleterre. Notre serveuse, Naomi, est acadienne et originaire de Saint-Léonard. Son accent chantant, sa gentillesse et son accueil rendent cette soirée encore plus agréable.

Nous terminons cette belle journée devant un bon repas, entre football, discussions et éclats de rire. Une façon idéale de conclure cette étape au cœur de l’Acadie.

 

 

In the Heart of Acadia

Saturday, July 11, 2026 – Miramichi → Shediac

The end of the night was difficult, especially for Titi. I slept a little better, but once again the cold and dampness were hard to ignore. When we wake up, the sky is a brilliant blue, although the morning air is still quite chilly.

As usual, we pack away our tent, sleeping mats, and sleeping bags, all still soaked with moisture, before setting off, feeling a little cold.

A few kilometres into the ride, I begin to feel a sharp burning pain at the top of the back of my left thigh. I stop to investigate and quickly realize that a mosquito bite, located exactly where my saddle rubs, is causing the problem.

Using our first-aid kit, I improvise a bandage to protect the area from the friction. The first attempt doesn’t help much, so at our next stop I try again with a better dressing. This time it works perfectly. I was genuinely worried that I might have to stop riding for the day, but the pain gradually disappears and I can pedal comfortably again.

As the morning goes on, the sun finally begins to warm us, and our spirits rise with it.

We remain on Highway 8 for about twenty kilometres before returning to Route 134, a much quieter and more enjoyable road.

We soon arrive in Saint-Louis-de-Kent, which I discover is the birthplace of the Acadian flag. In the centre of the village stands an enormous Acadian flag, roughly ten metres long, flying proudly from a flagpole more than thirty metres high. It’s impossible to miss.

We take the opportunity to restock our food supplies. Throughout the trip, we’ve only carried enough food for lunch and dinner each day to keep our bikes as light as possible. I also stop at a pharmacy to buy proper treatment for my mosquito bite, which has become quite swollen.

We stop for lunch in Sainte-Anne-de-Kent, a quiet little village. While we’re eating, another cycle tourist joins us. He’s French, from Cagnes-sur-Mer, and is also riding to Halifax after starting in Montréal. We spend a few minutes talking about our respective journeys before he continues on his way.

Later, we ride through Bouctouche, where an Acadian festival is in full swing. The streets are lively, and the festive atmosphere is contagious.

About ten kilometres before reaching Shediac, we call ahead to a campground to avoid another unpleasant surprise like the previous evenings. It’s one of the more expensive campgrounds we’ve stayed at, but we’d rather know we have a place to spend the night.

Once we’re settled in, Titi realizes that he’s left his shower gel in the washroom. Unfortunately, the building is locked and the office has already closed. We both try, one after the other, to squeeze over the top of the door through the small gap below the ceiling. During my attempt, my feet accidentally catch the ceiling ventilation cover and pull it loose. After a brief moment of silence, we wisely decide to wait until morning… and quietly walk away as if nothing had happened.

For the second time on this trip, Titi invites me out for dinner. We choose a local pub and grill, where he’s been craving a burger and fries.

The atmosphere is warm and lively. Several televisions are showing the Women’s FIFA World Cup quarter-final between Norway and England. Our waitress, Naomi, is Acadian and originally from Saint-Léonard. Her warm welcome and beautiful Acadian accent make the evening even more enjoyable.

We end the day sharing a great meal, watching football, chatting, and laughing together. A wonderful way to finish another memorable day in the heart of Acadia.