Lundi 13 juillet 2026
Shediac → Borden Carlton
Cap sur l’Île-du-Prince-Édouard
Nous avons passé une nuit plutôt paisible. Peu d’humidité, peu de froid… Le réveil, en revanche, s’est fait plus tôt que prévu à cause du bruit provenant d’une laiterie située juste derrière le camping.
L’étape du jour est relativement courte : 75 kilomètres. Notre objectif est d’atteindre le pont de la Confédération aux alentours de midi. Nous savons déjà que les cyclistes ne sont pas autorisés à le traverser et qu’il nous faudra emprunter une navette pour rejoindre l’Île-du-Prince-Édouard.
Après une vingtaine de kilomètres, nous faisons notre premier arrêt de la journée chez Tim Hortons pour notre petit-déjeuner.
Nous arrivons au pied du pont vers 11 h 45. Nous essayons d’obtenir des renseignements auprès d’une employée, mais celle-ci ne parle pas français et ne semble pas vraiment concernée par notre demande. Nous repartons avec peu d’informations, si ce n’est un numéro de téléphone.
En appelant, un message enregistré nous indique le point de rendez-vous de la navette. Nous réalisons alors que nous avons dépassé l’endroit d’environ cinq kilomètres. Il faut donc faire demi-tour… avec un fort vent de face.
En repassant devant un grand parking équipé d’un petit bâtiment, Valentin me dit avec
conviction :
« Je suis sûr que c’est ici. »
Je reste sceptique. Dans mon esprit, une navette traverse forcément sur un bateau, depuis un quai. Mais Titi insiste. Nous décidons finalement d’aller vérifier.
Et il avait raison.
Merci Valentin !
C’est bien ici que les cyclistes attendent la navette. Un téléphone est installé à disposition. Il est midi lorsque j’appelle pour signaler notre présence.
Nous découvrons alors que la « navette » n’est pas un bateau, mais un véhicule spécialement aménagé qui transporte les cyclistes et leurs vélos à travers le pont. Dans le sens Nouveau-Brunswick → Île-du-Prince-Édouard, la traversée est gratuite. Nous ne paierons qu’au moment de quitter l’île.
Au téléphone, on nous annonce environ une heure d’attente. Nous en profitons pour déjeuner tranquillement.
Une heure passe… puis deux… Finalement, au bout de près de trois heures, notre chauffeur, John, arrive enfin. Nous l’aidons à charger les vélos à l’arrière du véhicule. Le vent souffle très fort et nous espérons simplement que nos drapeaux résisteront à la traversée.
Au milieu du pont, un camion est immobilisé après une crevaison. John s’arrête immédiatement pour sécuriser les lieux. Il nous explique qu’il devra attendre la dépanneuse avant de pouvoir repartir.
Après une trentaine de minutes d’attente, un second véhicule de la compagnie arrive. Nous repartons avec un nouveau chauffeur pour terminer la traversée, tandis que John reste sur place pour prêter main-forte.
Nous voilà enfin sur l’Île-du-Prince-Édouard, notre huitième province canadienne visitée.
Avant de rejoindre le camping, nous faisons un arrêt à l’office de tourisme pour récupérer une carte de l’île, puis dans une épicerie afin de refaire quelques provisions. Le camping n’est plus qu’à deux kilomètres.
En arrivant, une légère inquiétude nous gagne : nous n’apercevons aucune tente et craignons une nouvelle fois un camping réservé uniquement aux véhicules récréatifs. Heureusement, la jeune femme de l’accueil nous trouve un emplacement.
Encore une journée riche en imprévus et en petites aventures, mais quel plaisir d’avoir enfin posé les roues sur l’Île-du-Prince-Édouard !
Crossing to Prince Edward Island
Monday, July 13, 2026 – Shediac → Borden-Carleton
We had a fairly peaceful night. There wasn’t too much humidity or cold. The only thing that woke us up earlier than expected was the noise from a dairy plant located just behind the campground.
Today’s ride is relatively short: 75 kilometres. Our goal is to reach the Confederation Bridge around midday. We already know that cyclists are not allowed to ride across the bridge, so we’ll have to use the shuttle service to reach Prince Edward Island.
After about twenty kilometres, we stop at Tim Hortons for our breakfast.
We arrive at the bridge around 11:45 a.m. We try to get some information from an employee, but she doesn’t speak French and doesn’t seem particularly interested in helping us. We leave with very little information except for a phone number.
When I call, a recorded message tells us where the shuttle pickup point is located. We quickly realize that we’ve ridden about five kilometres too far. So we turn around… straight into a strong headwind.
As we pass a large parking lot with a small building, Titi says confidently,
“I’m sure this is where the shuttle leaves.”
I’m not convinced. In my mind, a shuttle crossing over water has to be a boat leaving from a dock. But Titi insists, so we decide to check.
He was absolutely right.
Thanks, Titi!
This is indeed where cyclists wait for the shuttle. A courtesy phone is available, and at noon I call to let them know we’ve arrived.
That’s when we discover that the “shuttle” isn’t a boat at all, but a specially equipped vehicle that transports cyclists and their bicycles across the bridge. Travel from New Brunswick to Prince Edward Island is free. We’ll only have to pay when we leave the island.
The person on the phone tells us the wait will be about an hour, so we sit down and enjoy our lunch.
One hour passes… then two…
In the end, our driver, John, finally arrives nearly three hours later. We help him load our bicycles onto the trailer. The wind is extremely strong, and we’re slightly worried about the flags attached to the back of our bikes.
Halfway across the bridge, we come upon a truck that has broken down after a flat tire. John immediately stops to secure the area. He explains that he’ll have to wait for the tow truck before continuing.
After about thirty minutes, another shuttle vehicle arrives. We continue the second half of the crossing with a new driver, while John stays behind to help with the stranded truck.
At last, we arrive on Prince Edward Island, the eighth Canadian province we’ve visited during our travels.
Before heading to the campground, we stop at the tourist information centre to pick up a map of the island, then at a grocery store to buy food for the next stage. The campground is only two kilometres away.
When we arrive, we become a little worried because we don’t see any tents. Once again, we fear it might be a campground reserved exclusively for recreational vehicles. Fortunately, the young woman at the reception desk quickly finds us a campsite.
Another day filled with unexpected twists and small adventures—but we’re delighted to have finally reached Prince Edward Island.