Mercredi 8 Juillet 2026
Bonaventure → Point-à-la-Croix (prévu : Campbellton)
Aux portes du Nouveau-Brunswick
Nous avons passé une nouvelle excellente nuit. Pour la deuxième fois consécutive, pas de vent et pratiquement pas d’humidité. Après plusieurs nuits mouvementées, cela fait un bien fou.
Le programme du jour est ambitieux : 118 kilomètres pour rejoindre les portes du Nouveau-Brunswick, à Campbellton.
La première heure se déroule parfaitement. Après notre traditionnel petit-déjeuner dans une station-service, nous sommes rejoints par une cycliste d’un certain âge qui effectue sa sortie quotidienne jusqu’à New Richmond. Très vite, elle engage la conversation avec Titi. Sentant qu’elle est particulièrement bavarde, je les laisse prendre un peu d’avance afin de conserver mon souffle. Pendant plus de dix minutes, ils discutent tout en gravissant une côte. Comme à chaque belle rencontre, nous aimons retenir le prénom des personnes que nous croisons. Cette fois, dans le feu de la conversation, Titi oubliera de le lui demander.
La route est agréable et nous traversons plusieurs beaux villages. Nous passons notamment par la communauté micmacs de Gesgapegiag. Au bord du fleuve, un camping composé uniquement de tipis multicolores attire notre attention. Quel dommage que notre étape ne s’arrête pas ici ! L’idée de passer une nuit dans l’un de ces tipis nous séduit immédiatement. Voilà une belle idée à retenir pour un prochain séjour… avec Claire.
Nous traversons ensuite Maria puis Carleton-sur-Mer, deux magnifiques villages où nous nous promettons déjà de revenir un jour, cette fois en voiture afin de prendre le temps de les découvrir.
La journée est particulièrement chaude et le soleil tape fort. Nous faisons notre pause déjeuner à Nouvelle vers 12 h 15. Au moment de repartir, je consulte mon téléphone : il affiche déjà 14 h 20 ! Nous avons pourtant l’impression de nous être arrêtés à peine une heure. Nous comprenons rapidement que le téléphone s’est connecté au réseau du Nouveau-Brunswick, où il y a une heure de plus qu’au Québec.
En arrivant à Pointe-à-la-Croix, juste en face de Campbellton, nous cherchons un camping de l’autre côté du pont. Malheureusement, la plupart sont réservés aux véhicules récréatifs. Nous décidons donc de rester au Québec, où nous trouvons un camping très agréable tenu par un propriétaire particulièrement accueillant.
Titi aurait tout de même préféré traverser le pont dès ce soir. Sa principale préoccupation est le changement de fuseau horaire : demain matin, il faudra se lever une heure plus tôt pour s’adapter à l’heure du Nouveau-Brunswick.
En début de soirée, j’en profite pour poursuivre la mise à jour du site Le Monde de Valentin dans la salle commune. Anthony, le jeune réceptionniste, regarde un match de baseball à la télévision. Curieux, je lui demande de m’expliquer les règles de ce sport qui reste, pour nous, un véritable mystère. Grâce à ses explications, je comprends enfin un peu mieux ce jeu si populaire en Amérique du Nord.
Au moment de préparer le dîner, ce que nous redoutions depuis plusieurs jours finit par arriver : notre cartouche de gaz est vide. Je verse malgré tout les pâtes dans l’eau chaude, referme le couvercle et patiente quelques minutes. Le résultat est loin d’être parfait. Les pâtes sont beaucoup trop cuites et un peu farineuses… mais elles sont chaudes, et après une journée comme celle-ci, c’est finalement tout ce qui compte.
At the Gateway to New Brunswick
Wednesday, July 8, 2026 – Bonaventure → Pointe-à-la-Croix
We enjoy another excellent night’s sleep. For the second night in a row, there’s almost no wind and very little moisture. After several restless nights, it feels wonderful to wake up well rested.
Today’s plan is an ambitious one: 118 kilometres to reach the gateway to New Brunswick, across the river from Campbellton.
The first hour goes by smoothly. After our traditional breakfast stop at a gas station, we’re caught up by an older cyclist on her daily ride to New Richmond. She quickly strikes up a conversation with Titi. Sensing that she loves to chat, I let them ride a little ahead of me to save my breath. They continue talking for more than ten minutes while climbing a hill. As with every friendly encounter on this trip, we like to remember the names of the people we meet. This time, caught up in the conversation, Titi forgets to ask hers.
The ride is enjoyable as we pass through several beautiful villages. One of them is the Mi’gmaq community of Gesgapegiag. Along the waterfront, we notice a campground made up entirely of colourful tipis. What a shame that it isn’t our destination for the day! Spending a night in one of them would certainly have been a memorable experience. It’s definitely an idea to keep in mind for another trip—with Claire.
Later, we ride through Maria and Carleton-sur-Mer, two charming villages that immediately make us promise ourselves we’ll come back one day, this time by car, to explore them at a more relaxed pace.
The day is extremely hot, and the sun beats down relentlessly. We stop for lunch in Nouvelle around 12:15 p.m. When it’s time to get back on the bikes, I glance at my phone and see that it’s already 2:20 p.m. That can’t be right—we’ve only been stopped for about an hour! We quickly realize that my phone has connected to a New Brunswick cell tower, where the time is one hour ahead of Québec.
When we arrive in Pointe-à-la-Croix, directly across the bridge from Campbellton, we look for a campground on the New Brunswick side. Unfortunately, most of them are reserved for recreational vehicles. We decide to stay in Québec for one more night and find a pleasant campground with a particularly welcoming owner.
Titi would still have preferred to cross the bridge this evening. His main concern is tomorrow morning—we’ll have to wake up an hour earlier to adjust to the New Brunswick time zone.
Early in the evening, I continue updating the Le Monde de Valentin website in the campground’s common room. Anthony, the young receptionist, is watching a baseball game on television. Curious about a sport that has always been something of a mystery to me, I ask him to explain the rules. Thanks to his patient explanations, I finally begin to understand why baseball is so popular across North America.
When it’s time to cook dinner, what we’d been expecting for several days finally happens: we run out of gas for our camp stove. I pour the pasta into the hot water anyway, put the lid back on, and wait. The result isn’t exactly gourmet. The pasta is far too soft and a little floury… but it’s warm, and after a long day on the bikes, that’s really all that matters.