Dimanche 19 juillet 2026
Truro (Scotia Pine Campground) → Halifax
Halifax, les derniers coups de pédale
La nuit a été copieusement arrosée. Au réveil, la pluie tombe toujours avec la même intensité. Autant dire que la motivation pour quitter le duvet et sortir de la tente n’est pas vraiment au rendez-vous. Pourtant, il faut y aller : c’est la dernière étape.
Nous rangeons tout à l’intérieur de la tente : duvets, tapis de sol, vêtements et sacoches. Impossible de faire cela dehors sous une pluie aussi forte sans tremper toutes nos affaires.
Vient ensuite le moment de sortir, d’enfiler les vêtements de pluie, de charger les vélos puis de démonter la tente, complètement détrempée. Nous la glissons dans un grand sac-poubelle. Nous la ferons sécher plus tard. De toute façon, sauf imprévu, nous n’aurons plus besoin de la remonter : ce soir, nous dormirons à l’hôtel.
Le départ est difficile. Il pleut, le vent souffle de face et la température est fraîche.
Après seulement quatre kilomètres, nous faisons une halte dans une station-service pour nous réchauffer autour d’un chocolat chaud. Il n’est que 7 h 30, mais aujourd’hui le petit déjeuner est pris plus tôt que d’habitude.
Nous repartons sans être beaucoup plus motivés qu’avant cette pause. Heureusement, les prévisions météo finissent par se vérifier avec un peu d’avance. Vers 9 h 45, la pluie cesse enfin, puis, aux alentours de 11 heures, le ciel commence à se dégager.
Nous faisons une première pause pour retirer une partie de nos vêtements de pluie, puis reprenons tranquillement la route. Une heure plus tard, nous nous arrêtons de nouveau pour déjeuner. Cette fois, nous ne regardons plus vraiment la montre. Nous prenons le temps. Nous savourons ces derniers kilomètres, ces derniers arrêts au bord de la route, ce dernier déjeuner improvisé. Sans vraiment nous en rendre compte, nous repensons à tout ce que nous avons vécu depuis notre départ de Québec : les rencontres, les journées difficiles, les fous rires, les moments de doute, les paysages traversés… Chaque coup de pédale nous rapproche de l’arrivée, mais nous rappelle aussi que cette aventure touche à sa fin.
Le soleil est désormais bien installé. Le ciel est d’un bleu éclatant, comme pour nous souhaiter la bienvenue à Halifax.
Nous longeons Grand Lake, alternant petites montées et courtes descentes. Le paysage est magnifique. L’eau reflète le bleu du ciel et offre un décor dont nous profitons pleinement.
Puis vient l’entrée dans la banlieue de Halifax. Le contraste est saisissant. Le calme laisse place au bruit de la circulation. Nous franchissons un important échangeur autoroutier, puis un grand pont très fréquenté. Heureusement, une voie est réservée aux cyclistes.
Notre objectif est désormais tout proche : rejoindre l’océan Atlantique pour y tremper les roues de nos vélos.
En passant devant la majestueuse citadelle d’Halifax… je crève.
Incroyable mais vrai. Il ne reste que 4,16 kilomètres avant la fin du voyage. Après plus de 2 000 kilomètres parcourus sur des routes, des pistes de gravier et des sentiers, il aura fallu attendre les derniers hectomètres pour subir notre première crevaison du voyage.
Une bonne demi-heure est nécessaire pour remplacer la chambre à air avant de repartir une dernière fois.
En arrivant sur le front de mer, une dame nous interpelle et nous demande d’où nous venons. Après lui avoir raconté notre aventure, elle nous offre trois petites briques de jus de fruits. Une dernière marque de gentillesse qui résume parfaitement toutes celles rencontrées tout au long de ce voyage.
Nous y sommes enfin.
Nous descendons jusqu’au bord de l’Atlantique et plongeons les roues de nos vélos dans l’eau. Le geste est simple, mais il marque la fin de cette aventure.
Nous restons ensuite quelques instants assis sur un banc, face à l’océan, sans vraiment parler. Nous profitons simplement de l’instant.
À notre arrivée à l’hôtel, une évidence s’impose : cette fois, le voyage est bel et bien terminé. Valentin a un peu le blues. Il a du mal à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Entre la satisfaction d’être arrivé et l’envie que l’aventure continue encore un peu, les émotions se mélangent.
Pour ma part, je ressens surtout une immense gratitude. Nous sommes arrivés ensemble, en bonne santé, après avoir partagé trois semaines d’efforts, de découvertes et de complicité. Une nouvelle aventure s’achève, mais les souvenirs, eux, continueront longtemps de nous accompagner.
Halifax, the Final Pedal Strokes
Sunday, July 19, 2026 – Truro (Scotia Pine Campground) → Halifax
The rain poured down throughout the night, and when we wake up, it’s still falling heavily. Needless to say, there’s very little motivation to leave our warm sleeping bags and crawl out of the tent. But today is different. It’s our final stage.
We pack everything inside the tent first—sleeping bags, sleeping pads, clothes and panniers. There’s no way we could do it outside without soaking all our gear.
Eventually, it’s time to step out into the rain. Dressed in our rain gear, we load the bikes before taking down the tent, which is completely drenched. We stuff it into a large garbage bag. We’ll dry it later. After all, unless something unexpected happens, we won’t need it again. Tonight, we’ll be sleeping in a hotel.
Setting off isn’t easy. It’s raining, the wind is against us, and the cool air doesn’t help.
After just four kilometres, we stop at a gas station to warm up with our now traditional hot chocolate. It’s only 7:30 a.m., making this our earliest breakfast of the trip.
We get back on the road, not much more motivated than before the break. Fortunately, the weather forecast proves to be a little too pessimistic. Around 9:45 a.m., the rain finally stops, and by 11:00 a.m., patches of blue sky begin to appear.
We make a short stop to remove some of our rain gear before continuing. About an hour later, we stop again for lunch. This time, we’re in no hurry. We take our time and enjoy every moment of this final stage. The last roadside lunch, the last kilometres, the familiar rhythm of the journey… Our thoughts drift back to everything we’ve experienced since leaving Québec: the people we met, the difficult days, the laughter, the doubts, and the incredible landscapes. Every pedal stroke brings us closer to Halifax, while reminding us that this adventure is slowly coming to an end.
The sun is now shining brightly. A clear blue sky seems to welcome us to Halifax.
We ride alongside Grand Lake, where gentle climbs and descents follow one another. The scenery is beautiful, with the deep blue water reflecting the sunshine—a perfect setting for our final kilometres.
Then comes the sudden transition into Halifax’s suburbs. The peaceful countryside gives way to busy roads and the constant noise of traffic. We cross a major highway and then a heavily travelled bridge, fortunately equipped with a dedicated cycling lane.
Our destination is now just ahead: the Atlantic Ocean, where we want to dip our bicycle wheels for the symbolic end of our journey.
As we pass the magnificent Halifax Citadel… I get a flat tire.
Unbelievable, but true. There are only 4.16 kilometres left to ride. After more than 2,000 kilometres on paved roads, gravel trails and rough tracks, our very first flat tire happens just a few hundred metres before the finish.
It takes about half an hour to replace the inner tube before we can set off one last time.
On the waterfront, just before reaching the ocean, a lady stops us and asks where we’ve come from. After hearing about our journey, she hands us three small cartons of orange juice. One final act of kindness that perfectly reflects all the generosity we’ve encountered throughout this adventure.
At last, we’ve made it.
We roll down to the water’s edge and dip the wheels of our bicycles into the Atlantic Ocean. It’s a simple gesture, but one that means a great deal to us.
We then sit quietly on a bench facing the ocean, saying very little, simply enjoying the moment.
When we finally arrive at the hotel, the reality sinks in: this journey is truly over.
Valentin is feeling a little blue. He struggles to explain exactly why. He’s happy we’ve reached our destination, but at the same time, he wishes the adventure could continue just a little longer.
As for me, what I feel most is gratitude. We made it together, safely, after three unforgettable weeks filled with effort, discovery and shared experiences. This adventure may be over, but the memories we created will stay with us for a very long time.