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D'un Océan à l'autre (Part 2) - 2026

14 juillet 2026

Ile du Prince Édouard - 8e province

                  ___________

Shediac

Conclusions

Patrick

Refermer le carnet… jusqu’au prochain départ

Avant de refermer ce carnet de route, j’avais envie de revenir sur quelques petites choses que je n’ai pas eu le temps de raconter au fil des étapes.

Pendant notre traversée du Nouveau-Brunswick, une question nous accompagnait depuis notre arrivée : comment les deux langues officielles cohabitent-elles réellement au quotidien? Nous avions quelques a priori avant d’y entrer, craignant que l’une finisse naturellement par prendre le dessus sur l’autre. Nous avons eu une agréable surprise. Le français et l’anglais semblent parfaitement intégrés dans la vie de tous les jours. Les panneaux, les services, les commerces, les conversations… tout se fait avec une grande simplicité dans les deux langues. Cette coexistence naturelle est probablement ce qui nous a le plus marqués dans cette province.

Une autre curiosité concerne les plaques d’immatriculation. Contrairement à plusieurs provinces canadiennes, celles du Nouveau-Brunswick n’affichent pas de devise. Elles portent simplement l’inscription « New / Nouveau Brunswick », qui rappel le caractère officielle bilingue de la province. Pourtant, le Nouveau-Brunswick possède bien une devise officielle : elle figure sur les armoiries de la province, mais pas sur les plaques d’immatriculation, Spem reduxit, une expression latine qui signifie « L’espoir renaît »

Concernant la Nouvelle-Écosse. Pourquoi son nom officiel est-il Nova Scotia et non New Scotland ? Tout simplement parce que la province a été créée au XVIIᵉ siècle par une charte rédigée en latin, qui était alors la langue officielle des actes royaux. Nova Scotia signifie        « Nouvelle-Écosse » ou « New Scotland », mais le nom latin a été conservé jusqu’à aujourd’hui.

En repensant à ces trois semaines de voyage, ce ne sont finalement pas les kilomètres qui reviennent en premier à l’esprit.

Je repense aux nuits parfois mouvementées sous la tente, aux orages, au vent qui semblait souvent avoir choisi de souffler dans la mauvaise direction, aux monts Chic-Chocs qui nous ont demandé beaucoup d’efforts, aux longues journées sur la route, aux traversées en traversier, aux magnifiques pistes de la Confederation Trail, aux paysages du Saint-Laurent, de la Gaspésie, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard puis de la Nouvelle-Écosse.

Je repense aussi aux rencontres. Nancy et Ariane venues aider Valentin après son coup de chaleur, François qui nous a rapporté une gourde tombée de mon vélo sur la route, Anthony qui aura la patience de m'expliquer les règles du Baseball, Luc, le pompiste qui nous aidera à trouver un camping à Bathurst, John, le chauffeur de la navette du pont de la Confédération, Dan et son incroyable Bed & Breakfast rempli de motos anciennes, Bob et ses précieux conseils pour notre futur voyage dans le Nord, ou encore toutes ces personnes, Max, Dom, et d'autres, croisées simplement le temps d’un sourire, d’une discussion ou d’un geste de gentillesse.

Ce voyage n’était pas seulement une traversée entre Québec et Halifax.

C’était surtout trois semaines passées avec Valentin, mon fils.

Partager les efforts, les doutes, les petits moments de découragement, les repas improvisés, les éclats de rire, les désaccords houleux, les longues discussions sur le vélo ou sous la tente… Tout cela crée des souvenirs qu’aucune photo ne peut vraiment raconter. Ce sont ces instants-là qui resteront sans doute les plus précieux.

Nous achevons enfin le projet D'un océan à l'autre. Quatre ans après avoir dû interrompre notre traversée du Canada faute de temps, nous sommes revenus terminer la portion qui nous manquait : Québec – Halifax. Cette deuxième partie donne enfin tout son sens au projet. Nous pouvons désormais dire que nous avons relié, à vélo, l'océan Pacifique à l'océan Atlantique.

Une aventure commencée en 2022 trouve aujourd'hui son épilogue, mais peut-être pas tout à fait son point final. Valentin aurait volontiers prolongé le voyage jusqu'à St. Jean-de-Terre-Neuve, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, à la découverte de la dixième et dernière province canadienne. L'idée était tentante, mais, encore une fois, le temps et nos contraintes nous rappel qu'un voyage est fait aussi de choix et de renoncements. Ce n'est sans doute que partie remise.

Mais les voyages à vélo ont ceci de particulier : à peine un projet s’achève qu’un autre commence déjà à prendre forme.

Au fil des rencontres et des discussions, nous nous sommes souvent surpris à parler de la prochaine aventure. Les conseils reçus, les cartes consultées et les rêves échangés nous ramènent déjà vers le Nord.

L’Arctique nous attend.

Mais cela… ce sera une autre histoire.

 

À très bientôt sur les routes.

Valentin

En cours d'écriture...